Le pricing SaaS, c'est la façon dont un éditeur fixe ses prix et, surtout, la façon dont il les présente sur sa page tarifs. Un bon pricing SaaS permet à un visiteur B2B de comprendre en quelques secondes combien coûte le produit, de quoi dépend le prix et quelle offre convient à son équipe.
Cet article complète notre guide sur l'optimisation du taux de conversion d'un site B2B, dont l'un des sept leviers consiste justement à afficher un prix. Nous passons en revue les modèles de prix les plus courants, neuf pages tarifs réelles et les questions que les visiteurs viennent y poser.
Pourquoi la page tarifs compte autant en B2B
Les acheteurs B2B font l'essentiel de leurs recherches seuls. Dans l'enquête B2B Buying Disconnect 2022 de TrustRadius, menée auprès de 2 185 acheteurs de logiciels, 81 % déclarent vouloir trouver les informations de prix par eux-mêmes, et la quasi-totalité veut mener seule tout ou partie de son parcours d'achat (B2B Marketing, d'après TrustRadius).
Un visiteur qui ouvre votre page tarifs ne flâne pas. Il vérifie votre prix avant de consacrer une heure à une démo. Sans réponse, il part. First Page Sage estime qu'environ 2,5 % seulement des visiteurs d'un site SaaS B2B deviennent des leads (First Page Sage, 2026). C'est sur la page tarifs que les 97,5 % restants coûtent le plus cher.
Les modèles de pricing SaaS les plus courants
Avant la page, il y a le modèle. Stripe en recense sept dans son guide des modèles de tarification SaaS (Stripe) :
- l'abonnement : un tarif fixe et régulier pour un accès continu ;
- la tarification à l'usage : le prix dépend de la quantité consommée ;
- les tarifs échelonnés : plusieurs offres, chacune avec ses fonctionnalités et son prix ;
- le freemium : les fonctions de base sont gratuites, les fonctions avancées payantes ;
- la tarification par utilisateur : le prix augmente avec chaque utilisateur ajouté ;
- le tarif fixe : un seul produit, un seul prix ;
- le modèle hybride : un abonnement fixe auquel s'ajoute une part variable selon l'usage.
La plupart des pages tarifs B2B en combinent plusieurs : des offres échelonnées, facturées par utilisateur, avec une offre gratuite en entrée. La page tarifs doit rendre ce choix lisible.
Ce que les visiteurs B2B cherchent sur une page tarifs
Les questions des visiteurs reviennent presque toujours aux mêmes cinq familles :
- L'ordre de grandeur. Est-ce un outil à 50 € par mois ou un contrat à 50 000 € par an ?
- L'unité. Payez-vous par utilisateur, par siège, par tâche, par contact ? Qui compte comme utilisateur ?
- La bonne offre. Laquelle convient à une équipe de 12 commerciaux ? Que perd-on avec l'offre inférieure ?
- Les conditions. Y a-t-il un engagement ? Un essai gratuit ? Les prix sont-ils HT ?
- L'adéquation. L'outil s'intègre-t-il à nos logiciels ? Passera-t-il la validation de notre DSI ?
Une bonne page tarifs répond aux quatre premières. La cinquième demande souvent un échange, à condition de pouvoir le lancer facilement.
9 exemples de pages tarifs SaaS
Éléments vérifiés en octobre 2026 : suivez les liens pour les prix à jour.
1. Qonto : choisir son profil avant de choisir son offre
La page tarifs de Qonto sépare d'emblée deux publics, par onglets : les indépendants et les TPE/PME. Chacun voit ses propres offres, avec des prix mensuels HT et un mois d'essai gratuit.
À retenir : si vous vendez à des clients très différents, laissez le visiteur dire qui il est. Sept offres sur un écran, c'est un exercice de comparaison ; trois offres « pour une entreprise comme la vôtre », c'est un choix.
2. Pennylane : les conditions écrites à côté du prix
Pennylane affiche quatre offres (Starter, Basique, Essentiel et Premium), en euros HT par mois, avec Essentiel signalée comme populaire. La page précise que l'abonnement est sans engagement, résiliable à tout moment, et propose 15 jours d'essai gratuit.
À retenir : HT ou TTC, engagement, essai. Ces trois réponses doivent figurer là où la question se pose, pas au fond des conditions générales.
3. lemlist : la réduction expliquée en clair
lemlist présente deux offres principales, Email et Multicanal, et une offre Enterprise sur mesure à partir de cinq utilisateurs. Les réductions sont annoncées sans détour : 10 % en trimestriel, 20 % en annuel.
À retenir : peu d'offres, et une différence qui se résume en un mot.
4. Notion : une offre recommandée
Notion propose Free, Plus, Business et Enterprise, facturées par membre et par mois. L'offre Business porte la mention « Recommended ». Un bouton bascule entre mensuel et annuel, avec jusqu'à 20 % d'économie, et un sélecteur affiche les prix dans la devise du visiteur.
À retenir : la recommandation. Le visiteur qui hésite entre deux offres a un choix par défaut, ce qui lui retire une décision.
5. HubSpot Sales Hub : des prix « à partir de »
La page Sales Hub de HubSpot affiche Free, Starter, Professional et Enterprise, chacune avec un prix de départ par siège. Elle répond d'avance à une objection fréquente : les sièges en lecture seule sont gratuits. Un lien permet de calculer son propre prix.
À retenir : répondez à « qui doit payer ? ». En B2B, la personne qui lit la page est rarement la seule à utiliser l'outil.
6. Intercom : un siège, plus un prix par résultat
Intercom combine deux unités : un prix par siège pour ses offres et un prix par résultat pour son agent IA, Fin, de 0,99 $ par résultat au moment où nous écrivons. La page définit ce qui compte comme un résultat et propose un calculateur de coût.
À retenir : quand votre unité est nouvelle, définissez-la en une phrase à côté du prix. Un prix à l'usage que personne ne comprend crée plus de questions qu'il n'en règle.
7. Zapier : le prix suit le volume
La page tarifs de Zapier repose sur une seule unité, le nombre de tâches par mois. Le visiteur choisit un volume, de 100 à 2 000 000 tâches, et le prix s'ajuste. La page explique qu'un palier supérieur coûte plus cher au total mais baisse le coût par tâche, et que l'annuel réduit le prix de 33 %.
À retenir : si le prix dépend de l'usage, laissez le visiteur indiquer son usage et voir le résultat, au lieu de l'envoyer vers un commercial.
8. Calendly : une offre Entreprise avec un prix de départ
Calendly propose Free, Standard, Teams et Enterprise. L'offre Teams est signalée comme la plus populaire. L'offre Enterprise ne se cache pas derrière un formulaire : elle démarre à 15 000 $ par an, pour 50 sièges minimum. Les invités n'ont pas besoin de siège.
À retenir : le point de départ de l'offre Entreprise. Un grand compte sait tout de suite s'il est dans la cible, un petit sait qu'il doit regarder l'offre Teams.
9. Linear : des limites gratuites chiffrées
Linear propose Free, Basic, Business et Enterprise. L'offre gratuite a des limites précises : 250 tickets et 2 équipes, avec un nombre de membres illimité.
À retenir : des limites chiffrées. « 250 tickets » permet à une équipe de savoir en quelques secondes si l'offre gratuite lui suffira ; « usage limité » ne le permet pas.
Ce qui fait un bon pricing SaaS sur la page
D'un exemple à l'autre, les mêmes principes reviennent :
- un prix ou un point de départ pour chaque offre, Entreprise comprise quand c'est possible ;
- une seule unité de facturation, définie en une phrase ;
- une offre recommandée, pour le visiteur qui hésite ;
- un tableau comparatif sous les offres, pour ceux qui veulent le détail ;
- une FAQ qui répond aux objections : engagement, facturation, qui a besoin d'un siège, ce qui se passe au-delà d'une limite ;
- des mots simples : dans les données SaaS d'Unbounce, les pages écrites dans une langue accessible à un élève de 10 à 12 ans convertissent à 12,9 %, contre 2,1 % pour celles écrites dans un langage professionnel (Unbounce) ;
- une seule action par offre : s'inscrire, essayer ou parler à un commercial.
Afficher ses prix ou écrire « prix sur demande » ?
Beaucoup d'éditeurs B2B hésitent à afficher leurs prix parce que chaque contrat est différent. La contrainte est réelle, mais « prix sur demande » sur toutes les offres fait fuir les visiteurs les plus proches de l'achat : ils veulent savoir s'ils sont dans le bon ordre de grandeur avant de parler à quelqu'un.
Il existe une voie intermédiaire, que plusieurs exemples ci-dessus utilisent :
- afficher un prix de départ (« à partir de »), comme HubSpot et Calendly ;
- dire de quoi dépend le prix (nombre d'utilisateurs, volume, options) ;
- réserver le « contactez-nous » à l'offre la plus haute, en expliquant ce qu'elle ajoute.
Pour mesurer ce que votre page tarifs vous fait perdre, calculez ce que vous coûtent vos visiteurs perdus. Lisez ensuite notre article sur le formulaire de contact B2B : c'est souvent la seule sortie qu'offre une page tarifs.
Les erreurs qui font fuir les visiteurs
- Cacher l'unité. Un prix « par mois » sans préciser par quoi laisse chaque visiteur deviner.
- Trop d'offres sur un écran. Au-delà de quatre, on compare au lieu de choisir.
- Une FAQ qui ne répond pas. « Contactez-nous pour en savoir plus » ne répond pas à « Y a-t-il un engagement ? ».
- Aucun moyen de poser une question. C'est sur la page tarifs que naissent les questions précises (« Peut-on commencer avec la seule équipe commerciale ? »), et un formulaire de sept champs est une mauvaise façon de les poser.
- La mesurer comme les autres pages. Suivez le taux de conversion de la page tarifs à part. Notre article sur le taux de conversion moyen d'un site B2B explique comment poser la définition avant de comparer.
Répondre aux questions de prix pendant la visite
Même la meilleure page tarifs laisse des questions : une remise pour une association, une intégration que la page ne mentionne pas. Le visiteur doit alors fouiller votre site, ou remplir un formulaire et attendre.
Une troisième consiste à lui répondre pendant qu'il lit. C'est ce que fait Nudge avec son agent Website : il répond à partir de vos pages et de vos documents, cite la page d'où vient chaque réponse et propose un créneau dans la conversation. Nous détaillons l'approche dans notre guide de l'agent conversationnel pour site web B2B.
Prenons un cas concret. Un visiteur de votre page tarifs demande : « Le prix est-il par utilisateur ou par équipe, et les comptes en lecture seule sont-ils facturés ? » Votre FAQ y répond, mais tout en bas de la page. L'agent donne la réponse avec un lien vers cette question de la FAQ, puis demande au visiteur s'il souhaite échanger sur l'offre adaptée à son équipe, et lui propose un créneau.
Comment Nudge gère les questions de la page tarifs
Nudge répond aux questions que votre page tarifs laisse ouvertes, pendant que le visiteur la lit encore. L'agent Website est formé sur votre site et vos documents, répond pendant la visite, cite la page d'où vient chaque réponse et pose le rendez-vous dans la conversation, sans formulaire. Comme chaque réponse cite sa page, le visiteur peut la vérifier en un clic.
Les visiteurs qui repartent sans écrire ne sont pas perdus pour autant. L'agent Outreach recontacte ceux qui reviennent sans écrire, par exemple à leur troisième visite sur la page Tarifs, avec un message qu'il prépare pour vous. Posez une question sur votre propre page tarifs à l'agent de notre page d'accueil pour voir comment il répond.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que le pricing SaaS ?
Le pricing SaaS désigne la façon dont un éditeur de logiciel en ligne fixe et présente ses prix : le modèle (abonnement, à l'usage, par utilisateur, freemium, hybride), les paliers d'offres et la page tarifs qui les explique. Un bon pricing ne se résume pas au montant : il doit être compris rapidement par l'acheteur, sans appel commercial préalable.
Faut-il afficher ses prix sur un site SaaS B2B ?
Dans la plupart des cas, oui, ou au moins un point de départ. Selon TrustRadius, 81 % des acheteurs B2B de logiciels veulent trouver les informations de prix par eux-mêmes. Si votre prix dépend vraiment de chaque projet, dites de quoi il dépend (utilisateurs, volume, options) et donnez une fourchette. Un simple « prix sur demande » écarte les visiteurs les plus avancés.
Combien d'offres mettre sur une page tarifs ?
La plupart des exemples de cet article en affichent trois ou quatre : une offre gratuite ou d'entrée, une ou deux offres payantes et une offre Entreprise. Au-delà, le visiteur compare au lieu de choisir. Si vous vendez à des publics très différents, séparez-les d'abord par onglets, comme Qonto avec les indépendants et les TPE/PME.
Faut-il afficher les prix HT ou TTC ?
En B2B, l'usage est d'afficher les prix hors taxes, et surtout de le dire clairement à côté du montant, comme le font Pennylane et Qonto. Le visiteur ne devrait jamais se demander si la TVA est incluse. Si vous vendez aussi à des indépendants ou à des particuliers, précisez le montant TTC dans la FAQ.
Mensuel ou annuel : quel prix afficher en premier ?
La plupart des éditeurs proposent un bouton qui bascule entre les deux et mettent l'annuel en avant, avec la réduction écrite en clair : Notion annonce jusqu'à 20 % d'économie, lemlist 20 % en annuel et 10 % en trimestriel. Afficher l'annuel baisse le montant visible, mais gardez le prix mensuel à un clic pour ne pas donner l'impression de cacher quelque chose.




